Donc, la journée du 14 avril suit
le rythme des journées précédentes. La
journée se passe parfaitement bien, ensuite les gens
se retrouvent dans le grand salon, dans les fumoirs ou au
café parisien. Les passagers commencent ensuite à
se disperser. On se couche relativement tôt à
bord des paquebot de la belle époque. Les lumière
du salon s'éteignent à 23h00, celle du fumoir
à minuit. Jamais le Titanic n'a avancé aussi
vite. Une légère vibration est perceptible.
Le premier
officier
Murcoch est de quart. La passerelle est plongée
dans l'obscurité. Deux veilleurs se trouvent dans le
nid-de-pie, reliés à la passerelle par téléphone.
Le Titanic a reçu plusieurs messages indiquant la présence
de glaces entre le 40e et le 42e parallèle, au nord-est
et au sud de sa route. La nuit est claire et sans lune, toute
noire.
Soudain à 23h40 les veilleurs donnent
trois coups de cloche. "Iceberg droit devant" "Merci"
répond Murdoch. "Barre à gauche toute"
"Stoppez les machines, en arrière toute"
Mais rien ne se produit pendant des secondes interminables.
Le Titanic ne réagit pas. Le choc semble inévitable.
Lentement, l'étrave finit par se déplacer vers
la gauche. L'avant du Titanic heurte ou plutôt racle
l'iceberg, qui défile tout le long de sa coque en faisant
pleuvoir une grêle sur le pont des embarcations. Un
choc à peine perceptible. Le capitaine Smith arrive
aussitôt. Le paquebot est alors arrêté
et pivote lentement sur lui-même.
Dans le fumoir de deuxième classe, on entendit quelqu'un
demander en riant s'il pouvait avoir un morceau de glace pour
mettre dans son whisky.
Ce que Carl Johnson, passager de 3e classe vit dans sa cabine
était encore plus inquiétant. Parmi les moins
luxueuses du navire, sa cabine était située
presque au niveau de la mer, très en avant. Il s'habillait
pour aller voir d'où venait le choc, en allumant la
lumière, il se rendit compte que l'eau passait sous
sa porte. Le temps de s'habiller il en avait jusqu'au chevilles.
Le
capitaine Smith a fait appeler
Thomas
Andrews, le directeur des chantiers Harland et Wolff,
qui, en tant que constructeur du navire, faisait le voyage
inaugural pour corriger tous les défauts susceptibles
d'apparaître pendant la première traversée.
Si quelqu'un pouvait se rendre compte de la gravité
de la situation, c'était bien lui.