Sur le pont des embarcations plus personne
ne souriait on prenait à peine le temps de se dire au
revoir...
-Tout ira bien, ne t’inquiète
pas, dit Dan Marvin à sa femme (ils étaient
mariés depuis quelques jours à peine) Par devant,
je te rejoins dans un moment.
Et il lui envoya un baiser pendant qu’elle
montait dans le canot.
-À tout à l’heure, dit avec un sourire
M. Dyker à sa femme qu’il aidait à enjamber
le plat-bord.
-Sois courageuse ; quoi qu’il arrive, sois courageuse,
dit Monsieur W.E. Minahan à sa femme en s’éloignant.
Monsieur Tyrell Cavendish, lui, ne dit rien à Mme
Cavendish. Juste un baiser… Un long regard… Et
il se noya dans la foule.
En disant au revoir à sa femme et
à ses trois filles, Monsieur Mark Fortune, qui restait
avec son fils à bord du Titanic, reprit à son
épouse les objets de valeur qui lui avait d’abord
confiés.
-Je m’en charge, expliqua-t-il. Nous prenons le bateau
suivant.
Mme Walter D. Douglas suppliait son mari :
-Walter, je t’en prie, vient avec moi !
-Non, lui répondit Monsieur Douglas, je dois me conduire
comme un homme.
-Essaie de rester avec Monsieur Moore et le major Butt. Ils
sont forts et solides, et ils arriveront sûrement à
s’en tirer.
Ce fut le dernier conseil que sa femme lui donna...
Mais il y avait aussi des femmes mariées qui refusaient
de quitter leurs époux.
M. et Mme Edgar Myer, des New-Yorkais, eurent
tellement honte de se disputer en public, qu’ils redescendirent
dans leur cabine. Ils finirent par accepter de se séparer
à cause de leur tout jeune enfant.
Arthur Ryerson, pour décider sa femme, lui dit :
-Il faut obéir aux ordres. Si on dit : Les femmes
et les enfants d’abord, il faut obéir. Je reste
ici, il ne nous arrivera rien
M. et Mme Lucien Smith étaient confrontés
au même dilemme. En voyant le capitaine Smith tout près
d’eux, Mme Smith eut une inspiration. Elle alla le trouver,
lui dit qu’elle était seule au monde, demanda
si son mari pouvait partir avec elle. Sans lui répondre,
le vieux capitaine porta le mégaphone à sa bouche
et cria : Les femmes et les enfants d’abord ! Alors
Monsieur Smith s’avança et lui dit :
-N’y faites pas attention, capitaine.
Je vais la faire monter dans un canot. Puis se tourna vers
sa femme il lui dit en parlant très lentement : C’est
la première fois que je te demande de m’obéir.
Je le dois. Si l’on fait monter les femmes et les enfants
d’abord, c’est uniquement parce que c’est
la façon normale de procéder. Le navire est
très bien équipé, tout le monde sera
sauvé.
Mme Smith lui demanda s’il disait bien la vérité.
Sans hésitation, il lui répondit :
-Oui.
Ils s’embrassèrent, et, tandis que le canot
de sauvetage descendait lentement vers la mer, il lui cria
encore :
-Garde tes mains dans tes poches ! Il fait très froid
!
Plus facile à dire qu’à faire...
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